Congé de sollicitation en Belgique : ce que peu de salariés savent

Congé de sollicitation en Belgique : ce que peu de salariés savent
10/3/2026

Toute personne qui change d’emploi sera tôt ou tard confrontée au congé de sollicitation. Pourtant, de nombreuses idées reçues circulent encore. Combien de jours pouvez-vous prendre ? Ce droit existe-t-il encore si vous avez déjà trouvé un nouvel emploi ? Un employeur peut-il le refuser ? Et êtes-vous obligé de l’utiliser ?

Voici un aperçu clair des règles.

Un droit légal, mais uniquement pendant le préavis

Le congé de sollicitation n’est pas une faveur accordée par l’employeur, mais un droit prévu par la loi. Il ne s’applique toutefois que pendant la période de préavis, c’est-à-dire après que la rupture du contrat de travail a été officiellement notifiée (par l’employeur ou par le travailleur).

À partir de ce moment, vous pouvez vous absenter pendant vos heures de travail afin de rechercher activement un nouvel emploi, tout en conservant votre rémunération. Un travailleur qui n’a pas encore donné sa démission ne peut donc pas en bénéficier.

Combien de congé de sollicitation pouvez-vous prendre ?

La loi fait une distinction selon la durée du préavis.

  • Si votre préavis est de 26 semaines ou moins

Vous avez droit à un jour complet (ou deux demi-jours) de congé de sollicitation par semaine pendant toute la durée du préavis.

  • Si votre préavis est de 27 semaines ou plus

Vous avez droit à un jour complet (ou deux demi-jours) de congé de sollicitation par semaine pendant les 26 dernières semaines du préavis. Durant les semaines précédentes, le droit est limité à un demi-jour par semaine.

Exemple : si votre préavis est de 29 semaines, vous avez droit à un demi-jour de congé de sollicitation par semaine pendant les 3 premières semaines, puis à un jour complet (ou deux demi-jours) par semaine pendant les 26 semaines suivantes.

  • Si vous cherchez un nouvel emploi dans le cadre d’un accompagnement d’outplacement

Vous avez droit à un jour complet (ou deux demi-jours) de congé de sollicitation par semaine pendant toute la durée du préavis.

La loi parle de jours complets et de demi-jours, mais dans la pratique ce droit est souvent appliqué de manière plus flexible. En accord avec l’employeur, il peut par exemple être pris en heures, afin d’assister à un entretien d’embauche d’une heure et demie.

Que se passe-t-il si vous avez déjà trouvé un nouvel emploi avant de démissionner ?

Une question fréquente est la suivante : si vous avez déjà trouvé un nouvel emploi avant de remettre votre démission, avez-vous encore droit au congé de sollicitation ?

En principe, oui. Ce droit subsiste tant que vous êtes en période de préavis. La loi lie en effet le congé de sollicitation au préavis, et non au fait d’avoir déjà signé ou non un nouveau contrat.

Dans la pratique, la situation peut toutefois être différente. S’il apparaît clairement que vous ne recherchez plus activement un emploi, l’employeur peut s’interroger sur l’utilisation de ce droit. Le congé de sollicitation est destiné à permettre la recherche d’un emploi, et non à créer des jours de congé supplémentaires.

Êtes-vous obligé de prendre un congé de sollicitation ?

Non. Il s’agit d’un droit, pas d’une obligation. Vous décidez donc librement d’en faire usage ou non.

Certains travailleurs préfèrent planifier leurs entretiens en dehors des heures de travail ou prendre des congés ordinaires. D’autres utilisent activement ce congé pour préparer leurs entretiens ou participer à des processus de sélection.


Un employeur peut-il refuser le congé de sollicitation ?

En principe, non. Étant donné qu’il s’agit d’un droit légal, l’employeur ne peut pas le refuser sans raison.

Il peut toutefois :

  • demander à être prévenu à l’avance ;
  • demander une preuve de candidature (par exemple une invitation à un entretien) ;
  • convenir d’accords pratiques concernant l’organisation du congé.

L’employeur ne peut en revanche pas exiger que vous indiquiez auprès de quelle entreprise vous postulez ni pour quelle fonction. Votre vie privée reste protégée.

Comment aborder ce sujet avec votre employeur ?

Même s’il s’agit d’un droit, une approche professionnelle reste essentielle. La transparence et le dialogue permettent d’éviter les tensions.

Quelques conseils :

  • Informez votre employeur suffisamment tôt lorsque vous souhaitez prendre un congé de sollicitation.
  • Donnez des informations claires mais limitées (« J’ai un entretien mercredi matin. »).
  • Tenez compte de l’organisation du travail, surtout dans les fonctions à responsabilités.

Une attitude constructive fait souvent toute la différence. Comme pour une démission, des accords clairs permettent d’éviter de nombreux malentendus, un sujet que nous avons également abordé dans notre article sur les erreurs fréquentes lors d’une démission.

Qu’en est-il des travailleurs à temps partiel ?

Les travailleurs à temps partiel ont également droit au congé de sollicitation, mais au prorata de leur temps de travail.

Par exemple :

  • Un travailleur à mi-temps a droit à un demi-jour par semaine pendant les 26 premières semaines.
  • Dans le cadre d’un contrat à 4/5e, le droit est réduit au nombre d’heures correspondant.

Dans la pratique, ce congé est généralement comptabilisé en heures afin de mieux correspondre à l’horaire de travail.

En conclusion

Le congé de sollicitation en Belgique est clairement encadré par la loi : pendant les 26 dernières semaines du préavis, vous pouvez prendre un jour complet par semaine pour rechercher un nouvel emploi. Durant la période précédente, ce droit est limité à un demi-jour par semaine. Il s’applique également aux travailleurs à temps partiel et reste valable tant que le préavis est en cours, même si un nouvel emploi a déjà été trouvé.

Une bonne connaissance des règles, combinée à une approche professionnelle, permet de préparer sereinement la prochaine étape de sa carrière sans créer de tensions inutiles sur le lieu de travail.

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10/3/26

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