Payé pour étudier ? Oui, en Belgique. Voici comment ça fonctionne.

Payé pour étudier ? Oui, en Belgique. Voici comment ça fonctionne.
9/2/2026

Le secteur financier évolue à un rythme sans précédent. Nouvelles réglementations fiscales, mises à jour des normes IFRS, digitalisation accrue et montée en puissance de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle transforment profondément le quotidien des professionnels de la finance et de la comptabilité. Pour rester pertinent, l’apprentissage continu est devenu indispensable.

Le congé-éducation joue un rôle clé dans ce contexte. Il permet aux collaborateurs de suivre des formations reconnues tout en conservant leur rémunération, tandis que les employeurs bénéficient d’un remboursement partiel de la part des autorités. Pour les profils financiers, il s’agit d’un moyen particulièrement efficace de renforcer leurs compétences — par exemple via des formations fiscales ou comptables — sans perte de revenus.

Mais comment fonctionne exactement le congé-éducation, et pourquoi est-il devenu si stratégique aujourd’hui?

Qu’est-ce que le congé-éducation?

Le congé-éducation est un dispositif de droit du travail qui permet aux travailleurs de s’absenter temporairement afin de suivre une formation reconnue, tout en conservant leur salaire. L’employeur continue à verser la rémunération pendant le congé et peut obtenir un remboursement forfaitaire partiel auprès des autorités compétentes.

Une condition essentielle est que la formation soit reconnue par l’administration du territoire où le collaborateur est occupé, à savoir la Flandre, Bruxelles ou la Wallonie.

Pour les professionnels de la finance et de la comptabilité, il s’agit le plus souvent de formations liées à la fiscalité et au conseil fiscal, à la comptabilité, à l’audit et au reporting, à la gestion financière et au controlling, ainsi qu’aux outils IT, à l’analyse de données et à la comptabilité digitale.

Les formations peuvent prendre la forme de cours en journée, en soirée, le week-end ou en ligne en mode synchrone, à condition qu’elles comprennent des heures de contact reconnues.

Pourquoi le congé-éducation est particulièrement pertinent aujourd’hui

Le congé-éducation gagne en importance sous l’effet de plusieurs évolutions structurelles. Les changements réglementaires s’accélèrent, rendant la mise à jour des compétences indispensable. Parallèlement, la tension sur le marché du travail incite les employeurs à investir davantage dans le développement et la fidélisation des talents. Enfin, les fonctions financières évoluent de plus en plus vers l’analyse, l’interprétation et le conseil, ce qui nécessite de nouvelles compétences.

Le congé-éducation constitue ainsi un pont entre le développement de carrière individuel et les besoins stratégiques des organisations.

Avantages du congé-éducation pour les collaborateurs et les employeurs

Pour les collaborateurs

Le congé-éducation permet de développer des compétences sans perte de salaire, ce qui réduit fortement les obstacles financiers à la formation continue.

Le suivi de formations reconnues renforce également l’employabilité. Pour les professionnels de la finance et de la comptabilité, cela signifie rester à jour face aux évolutions réglementaires, à la digitalisation et aux nouvelles attentes du métier, améliorant ainsi la sécurité de l’emploi et les perspectives d’évolution.

Le congé-éducation contribue aussi à un meilleur équilibre entre travail et apprentissage, les formations pouvant être suivies partiellement durant les heures de travail.

Enfin, les certifications reconnues et les compétences spécialisées renforcent la crédibilité professionnelle et le sentiment de reconnaissance par l’employeur.

Pour les employeurs

Pour les employeurs, le congé-éducation constitue un moyen efficace de renforcer les compétences internes sans supporter l’intégralité des coûts de formation. Le remboursement public permet de maintenir les investissements à un niveau maîtrisé.

Il favorise également la motivation et la rétention des collaborateurs, qui se sentent soutenus dans leur développement professionnel.

En outre, il améliore la qualité et la pérennité des équipes. Des compétences actualisées en fiscalité, comptabilité et outils digitaux réduisent les risques de conformité et renforcent la qualité des décisions et des conseils.

Enfin, une politique claire en matière de congé-éducation contribue positivement à l’image employeur, en mettant en avant un engagement en faveur de l’apprentissage et des carrières durables.

Qui peut en bénéficier et pour combien d’heures?

Le congé-éducation s’applique aux travailleurs du secteur privé disposant d’un contrat de travail avec un employeur belge, suivant une formation reconnue d’au moins 32 heures de contact, à temps plein ou à temps partiel, avec un calcul proportionnel des droits.

En Flandre, le système classique du congé-éducation payé a été remplacé par le congé de formation flamand. Les travailleurs peuvent bénéficier de jusqu’à 125 heures par année scolaire, tandis que les employeurs perçoivent un remboursement forfaitaire susceptible d’évoluer chaque année.

À Bruxelles, le congé-éducation payé reste en vigueur, avec un remboursement d’environ 22 euros par heure. Le système a été modernisé afin d’intégrer davantage de formats de formation flexibles et digitaux.

En Wallonie, les travailleurs ont droit au congé-éducation payé avec remboursement via le Forem. L’indemnisation s’élève à environ 21 euros par heure, avec des plafonds dépendant du type de formation et du volume d’heures.

Les montants exacts et plafonds peuvent être révisés annuellement.

Comment cela fonctionne-t-il concrètement?

Le collaborateur choisit d’abord une formation reconnue et vérifie son éligibilité dans la région concernée. La demande doit être introduite dans les délais, souvent avant le 31 octobre ou dans les 15 jours suivant l’inscription, et l’attestation d’inscription doit être transmise à l’employeur.

Lorsque toutes les conditions sont remplies, l’employeur ne peut pas refuser le droit au congé-éducation, mais peut discuter de la planification afin de préserver la continuité de l’activité.

Pendant le congé-éducation, le salaire habituel est maintenu, dans les limites des plafonds applicables pour le remboursement.

À l’issue de la formation, des attestations de présence doivent être fournies. Une participation insuffisante peut entraîner la perte partielle ou totale du droit au remboursement.

Exemple pratique pour les professionnels de la finance

Un comptable à temps plein suit une formation fiscale reconnue de 120 heures. Grâce au congé-éducation, cette formation peut être suivie sans perte de salaire. L’employeur bénéficie d’un remboursement forfaitaire et le collaborateur renforce son expertise en matière fiscale.

Conclusion: bien plus qu’un droit à la formation

Le congé-éducation est bien plus qu’un mécanisme administratif. Pour les professionnels de la finance et de la comptabilité, il constitue un levier stratégique pour rester performants dans un environnement en constante évolution. Pour les employeurs, il s’agit d’un outil puissant pour renforcer les compétences, l’engagement et la durabilité des carrières.

Les organisations qui intègrent activement le congé-éducation dans leur politique RH investissent non seulement dans les compétences, mais aussi dans la résilience et l’avenir de leurs équipes.

Pour les procédures et reconnaissances les plus récentes, les sites officiels de la Région flamande, de Bruxelles Économie et Emploi et du Forem restent les sources de référence.

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9/2/26

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