Le débat autour du premier jour de maladie refait surface en Belgique. Dans les cercles politiques comme du côté des organisations patronales, l’idée de revoir le salaire garanti dès le premier jour d’absence revient sur la table. Pour de nombreuses PME, où chaque absence de courte durée se fait immédiatement sentir, la question est loin d’être anodine. Mais que prévoit-on concrètement et qu’est-ce qui est déjà acté aujourd’hui ?
Rappel : quelle est la règle actuelle ?
Depuis janvier 2014, le jour de carence a été supprimé. Cette réforme a introduit un changement clair :
- Les travailleurs ont droit au salaire garanti dès le premier jour de maladie
- Même une absence d’une seule journée est donc rémunérée
- La mesure s’applique tant aux ouvriers qu’aux employés
Selon des sources telles que SD Worx et les autorités fédérales, l’objectif était de protéger les travailleurs contre une perte de revenus en cas de maladie de courte durée.
Depuis novembre 2022, une mesure supplémentaire est venue s’ajouter : les travailleurs peuvent s’absenter une journée sans certificat médical jusqu’à trois fois par an. C’est précisément cette évolution qui a relancé le débat autour des absences de courte durée.
Pourquoi le sujet revient-il aujourd’hui ?
Malgré cette réforme, les critiques se multiplient, en particulier du côté des employeurs. Des organisations comme la FEB et Unizo pointent une hausse des absences de courte durée.
Le raisonnement avancé est relativement simple :
si le premier jour d’absence est systématiquement rémunéré, cela pourrait réduire le seuil psychologique pour se déclarer malade pour une seule journée.
Les PME en ressentent particulièrement les effets :
- Une planification du personnel plus complexe
- Des remplacements de dernière minute
- Une perte de productivité dans les petites équipes
Dans des structures à taille humaine, chaque absence a un impact direct sur l’organisation quotidienne.
Quelles pistes sont envisagées ?
Aucune décision définitive n’a été prise à ce stade, mais plusieurs scénarios circulent dans les notes politiques et les avis d’experts :
- Réintroduction d’un premier jour de maladie non rémunéré
- Limitation du nombre d’absences de courte durée payées par an
- Renforcement des contrôles des certificats médicaux
- Approche sectorielle avec des règles différenciées selon les secteurs
À cela s’ajoute la mesure récente concernant les certificats médicaux : les travailleurs peuvent déjà s’absenter jusqu’à trois fois par an pour un jour sans fournir de certificat, ce qui alimente davantage le débat.
Que disent les chiffres ?
Les données de prestataires RH comme SD Worx et Partena Professional indiquent effectivement une augmentation des absences de courte durée ces dernières années.
Les tendances observées :
- Des absences de un à trois jours
- Des pics en début et en fin de semaine
- Un impact plus marqué dans les secteurs à forte charge physique
Les causes restent multiples, mais la combinaison d’une plus grande flexibilité réglementaire et de la pression au travail est souvent évoquée.
Quelle est la situation aujourd’hui pour les entreprises ?
À ce jour, aucune modification légale n’a été adoptée. Les règles actuelles restent donc pleinement en vigueur.
Concrètement :
- Le premier jour de maladie reste rémunéré
- Aucune adaptation immédiate n’est requise au niveau des politiques salariales
- Une attention accrue est toutefois portée à la gestion de l’absentéisme
De plus en plus d’entreprises investissent dans :
- Des règles internes claires en cas de maladie
- Une communication plus rapide lors des absences
- Des initiatives de prévention et de bien-être
Un débat inscrit dans une réflexion plus large
La question du premier jour de maladie s’inscrit dans une tendance plus large du marché du travail belge : renforcer l’activation et la responsabilisation en cas d’incapacité de travail.
Parallèlement aux mesures de réintégration et au suivi des absences, les autorités examinent également :
- Un suivi plus rapide des absences
- Une meilleure collaboration avec la médecine du travail
- Des incitants financiers pour employeurs et travailleurs
Le premier jour de maladie n’est donc qu’un élément d’un ensemble plus vaste.
Conclusion
Le premier jour de maladie reste aujourd’hui rémunéré, mais le débat est clairement relancé. L’éventuelle réforme dépendra des négociations politiques en cours en 2026.
Pour les entreprises, le message est double : rien ne change immédiatement, mais le sujet s’installe durablement dans l’agenda.
Anticiper devient dès lors essentiel. Car si les règles évoluent, leur impact se fera sentir rapidement sur l’organisation quotidienne du travail.





